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Quelle mémoire et pourquoi? L'on confond très souvent la problématique historique que représentent les crimes nazis quand? Le film n'évite d'ailleurs pas cette question, certains élèves vraisemblablement d'origine arabe mettant en cause la politique israélienne à l'encontre des populations palestiniennes. De façon plus nette encore, un jeune Français, fraîchement converti à l'Islam, refusera de participer au projet de madame Guéguen vraisemblablement à cause de ses nouvelles convictions religieuses.

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Dans un contexte de discussion au cinéma ou en situation d'animation, il paraît maladroit de vouloir réprimer de telles opinions, et il convient plutôt d'y apporter des réponses aussi argumentées et précises que possible. Toutes ces objections ne sont d'ailleurs pas illégitimes et méritent surtout des clarifications, sans nier en aucune manière le caractère meurtrier et génocidaire du régime nazi. L'analyse qui suit suggère différentes réponses argumentées à de telles objections, même si toutes celles-ci ne sont évidemment pas prévisibles.

Cette analyse est également disponible au format PDF facilement imprimable. Le film en quelques mots Les Héritiers de Marie-Castille Mention-Schaar met en scène une classe de seconde au lycée Léon Blum de Créteil qui regroupe des élèves considérés comme médiocres. Petit à petit, ils vont pourtant découvrir une histoire qu'ils ne connaissaient pas, une réalité qu'ils ne soupçonnaient pas et entendre des témoins dont la parole va les bouleverser et les transformer à jamais.

Une telle aventure, intellectuelle, pédagogique et humaine semblerait presque trop belle si elle n'était inspirée de faits authentiques qui sont survenus dans ce lycée en Ces informations apparaissent dans le dossier de presse du film et dans différentes interviews de la réalisatrice et d'Ahmed Dramé, le jeune homme qui a participé à la rédaction du scénario. Les Héritiers, qui raconte ainsi une belle aventure humaine, accessible à un large public d'adolescents et d'adultes, pose de multiples questions aux spectateurs, de nature historique, pédagogique, morale mais aussi cinématographique.

Quel fut leur destin? Qui a mis en place ce système? Quelle en fut l'étendue? Que sont devenus les responsables? Que devons-nous retenir de ces faits anciens? Devons-nous nous souvenir d'autres événements similaires? Peut-on oublier? En quoi sommes-nous liés au passé? Le racisme est-il le même hier et aujourd'hui? La réussite scolaire est-elle importante? Que doit apprendre l'école? Et d'autres moins? Quelle mémoire et pourquoi? L'on confond très souvent la problématique historique que représentent les crimes nazis quand?

Le film n'évite d'ailleurs pas cette question, certains élèves vraisemblablement d'origine arabe mettant en cause la politique israélienne à l'encontre des populations palestiniennes. De façon plus nette encore, un jeune Français, fraîchement converti à l'Islam, refusera de participer au projet de madame Guéguen vraisemblablement à cause de ses nouvelles convictions religieuses.

En outre, nombre de ces questions ne peuvent pas recevoir de réponses définitives, même si, comme le fait madame Guéguen, on ne peut pas admettre que certaines limites soient franchies en particulier dans l'expression d'un racisme à l'encontre de l'une ou l'autre communauté. L'on proposera à présent quelques pistes de réflexion et d'analyse autour de la problématique de ce qu'on appelle désormais le devoir de mémoire.

Pourquoi se souvenir? Pourquoi faut-il se souvenir des crimes nazis? D'autres se sont heurtés à une incompréhension même bienveillante de leurs proches et de leur entourage.

Plus jamais ça! Cette expression qui est encore aujourd'hui fréquemment employée est en fait apparue à l'issue de la Première Guerre mondiale chez les pacifistes et chez un certain nombre d'anciens combattants qui craignaient que l'Europe ne plonge à nouveau dans une telle folie meurtrière.

Sans doute pas. Et cela pour au moins deux raisons. L'histoire ne se répète jamais identiquement. Aujourd'hui, en Europe occidentale, ceux qui se réclament du nazisme ou d'une idéologie similaire ne représentent heureusement qu'une très petite minorité qui ne risque pas de prendre le pouvoir au moins à court terme. En revanche, l'on constate que des massacres importants ont eu lieu par exemple au Cambodge sous la dictature khmère rouge entre et ou pendant la guerre civile en Bosnie-Herzégovine entre et , qu'un véritable génocide s'est déroulé pratiquement au su et au vu du monde entier au Rwanda en Et l'on pourrait malheureusement citer beaucoup d'autres massacres de plus ou moins grande ampleur dans bien d'autres parties du monde.

Les contextes changent, les situations sont différentes, et les raisons qui poussent certains États, certains pouvoirs ou certains groupes à persécuter et à massacrer des populations ou des fractions de population pour des raisons politiques, ethniques, raciales, religieuses ou autres, varient grandement selon les lieux et les époques. S'il est facile après coup de repérer les signes avant-coureurs de ces crimes de masse, il est beaucoup plus difficile de prévoir et surtout de prévenir de telles situations.

Le racisme antisémite par exemple n'explique en rien ni ne pouvait laisser prévoir ce qui s'est passé au Cambodge quand les Khmers rouges ont pris le pouvoir en On se souvient par exemple que la présidence de George W. Bush a comparé Saddam Hussein à Hitler pour convaincre l'opinion publique d'approuver l'intervention américaine en Irak en Toute accusation en référence au nazisme n'est pas légitime ni crédible. Le souvenir du passé, s'il peut éclairer certains dangers présents, ne permet donc pas d'anticiper de façon certaine de possibles meurtres de masse dans des contextes nécessairement inédits.

Se souvenir des victimes Toutes les sociétés humaines honorent leurs morts qu'elles enterrent ou dont elles conservent pendant un temps le souvenir sous différentes formes matérielles tombeaux, stèles, monuments.

Les victimes du nazisme, assassinées dans des conditions effroyables, méritent incontestablement que nous en gardions le souvenir, et que leur mémoire reste honorée alors que rien ne justifiait que leur vie soit ainsi brisée par d'autres hommes. Ce souvenir concerne bien sûr également les survivants dont les souffrances furent immenses et injustifiées.

Or les images qu'elles soient photographiques ou écrites que nous avons du système concentrationnaire nazi sont précisément des images de déchéance, d'avilissement, d'humiliation extrême avec des individus réduits, comme cela a souvent été dit, à l'état de bêtes.

Et qui voudrait laisser comme souvenir celui d'un corps affamé, jeté dans un charnier de façon anonyme? Combattre le racisme À la fin de son intervention devant la classe de madame Guéguen, Léon Zyguel, ancien déporté, rappelle l'importance de la lutte contre le racisme, et c'est là incontestablement un combat démocratique essentiel. Des questions qui fâchent? On ne parle jamais de l'esclavage ou de la colonisation.

Ce sont toujours les musulmans qui sont accusés. Ça permet d'effacer les crimes des Alliés. Ne vaudrait-il pas pas mieux oublier tout cela? Ne convient-il pas plutôt de se consacrer au temps présent et aux problèmes actuels? Bien entendu les textes proposés ci-dessous constituent des pistes de réflexion et de discussion qui ne se prétendent pas définitives mais dont l'argumentation essentielle repose sur les valeurs démocratiques de liberté et d'égalité ainsi que sur le respect fondamental des Droits humains universels.

D'autres crimes? Bien entendu, les réponses à cette question varient selon les historiens et philosophes. Cette attention portée à la période nazie n'est cependant pas exclusive, et la colonisation ou l'esclavage suscitent également d'importants travaux historiques et font actuellement l'objet de nombreuses recherches.

Ces travaux n'ont pas nécessairement la place qu'ils méritent dans l'espace public et notamment dans les médias qui obéissent d'abord aux sollicitations du présent comme les commémorations Il serait faux cependant de prétendre que certains crimes de masse sont volontairement et systématiquement négligés ou oubliés.

S'il ne convient pas de faire de différence entre les victimes assassinées, massacrées, torturées, battues ou humiliées, quelle que soit leur histoire ou leur appartenance communautaire race, ethnie, religion Et il serait surtout injustifiable de prétendre que certains de ces crimes n'ont pas existé. De manière générale, il est normal que nous soyons plus sensibles aux torts commis à la communauté à laquelle nous appartenons ou pensons appartenir.

Et surtout, nous appartenons tous et toutes à une communauté humaine englobante qui nous impose de reconnaître les crimes commis à l'encontre de différentes communautés spécifiques dans l'Histoire, non pas parce que les victimes appartiendraient à une ethnie, à une religion ou à un groupe social ou politique déterminé, mais parce qu'elles sont ou étaient d'abord et avant tout des êtres humains.

Victimes et bourreaux? Les Juifs et Israël On sait que les Juifs d'Europe constituèrent les cibles principales des persécutions raciales nazies et furent les victimes d'un génocide perpétré en particulier dans des chambres à gaz spécialement construites à cette fin.

Depuis lors, après plusieurs guerres et des années de révolte palestinienne au cours de ce qu'on a appelé la première puis la seconde Intifada , les négociations de paix entamées lors les accords d'Oslo en piétinent et laissent subsister un très fort ressentiment en particulier chez les Palestiniens. Au cours de ce conflit prolongé, l'État d'Israël a été à plusieurs reprises accusé d'atteintes aux Droits de l'Homme ainsi que de crimes de guerre avec en particulier un recours démesuré à la force militaire, ce qui a provoqué de nombreuses victimes civiles.

Les combattants palestiniens ont quant à eux souvent été accusés de recourir au terrorisme, notamment lors de la vague d'attentats-suicides en Israël au cours de la seconde Intifada entre et Dans ce contexte, il est difficile d'évoquer les persécutions antisémites perpétrées par les nazis, sans que ne surgisse au cours des débats la question du conflit israélo-palestinien.

Plusieurs remarques doivent être faites à ce propos. Les victimes juives du génocide n'ont évidemment rien à voir avec la situation de l'État d'Israël aujourd'hui. Reconnaître la réalité de ce génocide, prendre conscience de la gravité de ce crime et de son caractère inédit par son ampleur et les techniques utilisées n'impliquent pas que l'on approuve la politique israélienne ou certains de ses aspects. Des crimes de guerre comme les bombardements de populations civiles ou des atteintes aux Droits de l'Homme comme la torture - aussi condamnables soient-ils - ne sont donc pas constitutifs d'un génocide.

Et il ne saurait être question d'un génocide à l'encontre des Palestiniens. Une autre confusion à lever concerne l'assimilation de l'ensemble des Juifs dans le monde à l'État d'Israël. À l'intérieur même d'Israël, plusieurs associations elles aussi minoritaires défendent les droits des Palestiniens et dénoncent régulièrement les atteintes aux Droits de l'Homme commises par l'armée ou la police israéliennes.

De manière générale, les injustices commises à l'égard des uns ne permettent pas d'excuser, ni de minimiser et encore moins de nier les injustices commises à l'égard des autres.

La défense des Droits humains doit se faire de manière universelle et s'appliquer à tous les lieux, à toutes les époques, à tous les crimes éventuellement commis dans le monde.

L'Islam en question? Depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les musulmans se sentent régulièrement mis en cause, parfois de manière violente, dans les pays occidentaux. Cette islamophobie s'alimente bien sûr de la peur suscitée par les actions terroristes menées par différents mouvements islamistes radicaux auxquels sont assimilés abusivement tous les musulmans en Occident et dans le monde.

Il est clair aussi que ce mouvement qui prétend ne critiquer que la religion musulmane vise bien plus largement ses adeptes, quels qu'ils soient et quelle que soit la manière dont ils pratiquent ou considèrent leur religion.

De telles réactions cependant restent heureusement minoritaires même si elles sont inquiétantes , et les musulmans bénéficient évidemment des mêmes droits démocratiques dont la liberté de culte et de croyance que les autres citoyens européens ce qui ne signifie pas qu'ils ne soient pas dans les faits victimes de discriminations diverses.

Il faut dès lors bien souligner qu'il n'y a pas de guerre globale contre les musulmans ni d'ailleurs contre les chrétiens ni encore moins de génocide à leur encontre. Cette politique peut être qualifiée d'impérialiste et condamnée comme telle, mais elle n'avait évidemment aucune motivation religieuse. Reconnaître le génocide juif n'implique donc aucune reconnaissance d'un quelconque fait religieux. Une justice de vainqueurs?

Dans le pire des cas, ces accusations conduisent à nier implicitement ou explicitement le génocide des Juifs et l'existence des chambres à gaz. En , les crimes commis par les nazis sont tellement nombreux, tellement visibles, et ont fait tellement de victimes que les Alliés jugent effectivement que des crimes d'une telle ampleur ne peuvent pas rester impunis.

Le tribunal de Nuremberg a nommé ses propres experts, qui ont recueilli une somme de témoignages et de documents permettant ensuite l'inculpation et la condamnation d'un grand nombre de criminels nazis.

Depuis lors, de nombreux historiens ont travaillé sur cette période, et ces historiens de diverses nationalités, de convictions religieuses et politiques différentes, travaillant dans de multiples universités européennes en particulier allemandes et américaines, ont confirmé pour l'essentiel les preuves apportées par le tribunal.

Au contraire, on peut affirmer que la documentation accumulée depuis par les historiens comme par les tribunaux de différents pays appelés à juger des criminels nazis a révélé l'ampleur et la gravité des crimes du régime hitlérien.

Cela ne signifie pas que les Alliés ne se soient pas rendus également coupables d'un certain nombre de crimes de guerre comme l'assassinat de soldats allemands ou japonais qui s'étaient rendus ou de violences à l'encontre des civils. Si ces crimes n'ont pas été jugés ni à Nuremberg ni ailleurs, ils sont cependant documentés par des travaux historiques nombreux qui soulignent que ces crimes furent parfois très importants mais qu'ils n'ont pas atteint le caractère génocidaire du régime nazi.

Même si, du point de vue du droit international de l'époque, la qualification de ces bombardements comme crimes de guerre donne lieu aujourd'hui encore à des discussions, il est difficile de considérer, d'un point de vue simplement moral, que de tels bombardements sur des populations civiles n'étaient pas criminels et particulièrement cruels.

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