TÉLÉCHARGER MELEKE CEST LHOMME QUI FAIT LHOMME GRATUITEMENT

Tels leurs ancêtres les griots, ces jeunes chanteurs jouent un rôle de catalyseur de tous les affects, de toutes les pulsions, des contradictions inhérentes à une société soumise, comme les autres sociétés africaines, aux défis du communautarisme, à la cohabitation de plusieurs groupes ethniques. En premier lieu, des relations de solidarité, une structure de hiérarchie, des possibilités de communication et de dialogues efficaces sont nécessaires pour assurer le consensus social. Elle se veut un forum où sont passés au crible de la critique les travers de la société ivoirienne. Le mouvement zouglou a été créé en dans les cités universitaires et notamment à la cité universitaire de Yopougon à Abidjan. Elle est aussi méditative car elle est un viatique vers une attitude réflexive, devant aboutir à une prise de conscience réelle de son existence, de la signification à lui donner.

Nom:meleke cest lhomme qui fait lhomme
Format:Fichier D’archive
Système d’exploitation:Windows, Mac, Android, iOS
Licence:Usage Personnel Seulement
Taille:22.86 MBytes



Les sociétés de chasseurs, dôsotô, du Manding méritent à plus d'un titre l'attention du chercheur. Leur ancienneté par rapport aux autres associations ésotériques et cultuelles est attestée par toutes les traditions qui présentent les clans des chasseurs, les Traoré, connus par ailleurs sous les noms de dau dôso, Dau chasseurs ; dâ soko, percer la brousse ; dâ sira, chemin de la brousse ; dâ bele, graviers de la brousse ; dâ suba, thaumaturges de la brousse ; maga suba diara suba, lions thaumaturges ; dâ ba, mères de la brousse, etc.

On prête aux clans Traoré la fondation des plus vieux sites de la haute vallée du Niger, dont Farabana village-ruines-tomo situé à 3 km de Kangaba, et où fut scellée avant la fin du xie siècle leur alliance avec les Koné venus du Sankaran nord de la République de Guinée , les Kamara arrivés de Siby sur le lac Débo et les Konaté- Keita partis du Wagadou, l'ancien empire du Ghana ; Brazan où existe de nos jours l'intarissable puits dit bâbara-kolô, et Sombo où les Traoré de la vieille souche, quoique ayant depuis longtemps perdu toute influence politique, ne demeurent pas moins les maîtres incontestés du culte des génies de l'eau et des mines d'or de la région.

A en croire les récits de toute sortes, ni le déferlement sur le pays des Traoré des vagues de migrations venues de divers horizons, ni l'hégémonie au Manding de nouveaux rois thaumaturges, suba, de rois prêtres, soma, de rois-forgerons, ni même l'assimilation dans bien des cas des Traoré par les nouveaux venus n'ont pu compromettre à un moment donné de l'Histoire, la vie, la solidité des structures et des croyances des sociétés de chasseurs.

On sait le rôle déterminant que les totadyô, avec à leur tête l'éminent chasseur Maghan Soundiata, ont pu jouer dans la lutte qui devait libérer le Manding de la tyrannie du Sosso.

En effet, pour la première fois dans l'Histoire des peuples soudanais, une organisation politico-militaire de chasseurs, dotée d'un statut excluant toute notion de tribu, de classe et de caste, et fondée sur un culte commun à tous ses membres, venait d'établir sa toute-puissance sur le pays situé entre le Haut-Sénégal et le Haut-Niger, avant de se lancer à la conquête de l'immense territoire s'étendant de l'océan Atlantique à la boucle du Niger, de la forêt guinéenne aux dunes de sable du Sahara.

Enfin, le grand intérêt que présente pour nous la dôsotô est qu'elle sut garder presque intact le vieux fonds des croyances soudanaises. Par ses chants, ses récits et rites séculaires, elle continue de perpétuer avec éclat, en dépit de l'influence sans cesse grandissante et destructive de l'Islam dans le Manding, les plus vieux mythes du Soudan, notamment ceux relatifs au vautour, au serpent, à l'hyène, au kulâ- dyâ.

Le mythe de Sanin et Kontron. Rien dans la brousse n'eut de secret pour lui, et il tira autant des êtres que des choses des connaissances aussi nombreuses que variées et aux usages multiples.

Celui-ci reçut en sortant du sein de la Terre son âme, nî, insufflée du ciel, kaba, avec ses attributs.

Le miracle, kaba ko : chose du ciel, chose étrange, s'accomplit dans le vacarme du tonnerre, kaba prë : éclatement du ciel, sa prë : éclatement de là-haut, ce qui eut pour résultat de détourner les yeux de l'homme de la nudité de la Terre, sa mère.

Le premier homme vécut longtemps seul ; puis une nuit, il sentit une douleur vive à la cuisse gauche qui s'enflait chaque jour un peu plus. La douleur finit par l'immobiliser. C'est alors qu'il saisit le couteau qui pendait à sa hanche et se fendit la cuisse. Nouveau miracle! C'est une fille que l'opération mit à découvert.

L'homme finit néanmoins par épouser la femme qu'était devenue entre temps la fille. L'a-t-il violentée? S'est-elle offerte à lui? Nul ne saurait le dire. Quoi qu'il en fût, l'union du couple initial constitua un kota ce mot est une allusion directe au membre viril de l'homme, et désigne tout acte sexuel, mais signifie en particulier adultère, inceste, acte sexuel immoral.

Car la Terre conçut l'homme en l'absence de tout acte sexuel qui ne va jamais sans noko, souillure, saleté, ordure. On dit que le père, même s'il est susceptible d'éprouver de tels sentiments pour ses enfants, demeure par contre incapable de les exprimer à la manière de la mère.

Il importe pour le chasseur autant que pour toute autre personne [Note: 1. C'est ce que prétendent certaines traditions de Ségou. Un seul critère, celui de l'ancienneté dans le culte, est retenu pour classer les chasseurs en aînés et cadets au sein de leur association.

En vertu de cette loi organique des dôso tô, un père initié après son fils devient le cadet de celui-ci; un maître qui vient en ancienneté après son esclave doit respect et obéissance à son propre bien. Dans la famille des chasseurs, les contradictions, les ambiguïtés et les tensions majeures s'estompent au profit de l'ordre, de la clarté et de l'union.

On sait l'importance que revêt l'initiation chez les populations africaines : la renaissance à une vie nouvelle après la mise à mort rituelle, à la suite de quoi l'initié est censé avoir tout oublié de son existence passée jusques et y compris ses parents ; chez les chasseurs, il n'est pas seulement demandé à l'adepte de la société d'oublier pour la circonstance les réalités de la vie sociale, mais il est dit qu'il doit à tout moment placer la filiation de Sanin et Kontron au-dessus de toute filiation, y compris celle des ancêtres, et celle même du koma qui est le fin du fin en matière d'institution religieuse, et que la fraternité de chasseurs prime chez lui toute autre forme de fraternité.

Kontron à lui seul remplace les ancêtres et le koma, auxquels le Malinké demande une telle aide. On peut mesurer à ces faits l'ardente conviction qui attache le chasseur au puissant panthéon de Sanin et Kontron, panthéon qui n'a d'égal peut-être que celui des forgerons, les hommes du feu qui, dans le secret de ce sanctuaire qu'est la forge, numou so, le plus vénérable de tous les sanctuaires, rééditent au rythme des soufflets et des martèlements, le mystère de la création.

Celui-ci se doit d'imiter son ancêtre mythique Kontron, l'archétype du chasseur qui, pour n'avoir jamais commis de kota — il est resté chaste — garda non seulement intacte sa pureté originelle, mais aussi ses facultés ontologiques. Car si le kota — en tant qu'acte sexuel — diminue toujours la force, fâka, s'il — le kota en tant qu'inceste — entraîne la déchéance complète du commun des hommes, c'est bien parce que sa conséquence, le noko — souillure, impureté, saleté, ordure, etc.

Force, fâka, et tere sont deux concepts qui expliquent à eux seuls l'essentiel des vicissitudes de la vie d'une personne. Mme G. Si l'homme est vulnérable par son double, c'est son tere qu'affecte toute rupture d'interdit, qui reçoit et subit l'impureté Et l'âme ne se maintient dans le corps que grâce à la présence du fâka et du tere.

C'est donc pour le chasseur, qui s'attire constamment le nyama de tant de victimes innocentes un danger que de faire le kota dont les méfaits, à moins d'une purification appropriée, pourraient lui être fatals.

Initiation au culte de Sanin et Kontron. Il ne faudrait cependant pas croire qu'il suffît d'être adroit pour pouvoir accéder à la compagnie des chasseurs. Auparavant, les chasseurs prennent soin de supputer en connaisseurs d'hommes et de choses, certaines facultés ontologiques, en particulier le tere du néophyte.

Cet examen auquel le malinké procède à l'égard des nouveaux venus — étranger, nouvelle mariée, nouveau- né — permet de situer l'individu en cause, et si ses résultats concluaient à un caractère néfaste du sujet examiné, cela ne saurait pour autant constituer un prétexte pour refuser la candidature du postulant. Car la société des chasseurs est ouverte à tous ceux qui, de leur propre chef, désirent devenir des enfants de Sanin et Kontron.

La volonté du candidat prime ici toute autre considération. C'est ce qui fait l'originalité des sociétés de chasseurs par rapport au domo et au komo par exemple, qui sont des cultes obligatoires 2. Il consacre le chasseur enfant à vie de Sanin et Kontron. Nous disposons de très peu d'éléments sur ce rite qui se déroule à huis clos dans la cour privée du chef des chasseurs il avait lieu autrefois dans le bois sacré des chasseurs dô so tu.

Les quelques échos que nous avons pu en recueillir suffisent néanmoins pour en saisir toute l'importance. Il est demandé à celui que l'on initie de renier en quelque sorte toute filiation, toute fraternité, toute relation de dépendance au profit de la filiation de Sanin et Kontron, et de la fraternité des chasseurs. De fortes incantations accompagnent ce rituel qui fait du novice un membre à part entière de la puissante famille de Kontron.

C'est incontestablement là le but de la cérémonie ; mais le dya sigi proprement dit, obtenu par les incantations et l'onction d'eau bénite, n'est pas à négliger. Il assure le renforcement de la personne du dôso en liant plus intimement et plus fortement son double, dya, à l'âme, nï, et celle-ci au corps, fari, qui l'enveloppe.

Le dôso sort donc de cette cérémonie en état de parfaite complétude. Ceci est d'autant plus significatif que le Malinké n'interprète la peur, la frayeur, la panique, le tourment qu'en termes de dédoublement, d'incomplétude de l'être.

Ainsi une peur brusque consécutive par exemple à un coup de tonnerre est appelée dya pâ, envol brusque du double de l'âme. Notons qu'en dehors des rêves, l'âme ne saurait demeurer dans le corps à la suite d'une absence prolongée de son double.

Un événement insolite nouvelle alarmante provoque le dya bo — sortie du dya — qui diffère sensiblement du dya pâ, parce que moins brutal que celui-ci. Le nya namini le tournoiement de l'âme , c'est le vertige ; c'est aussi l'assoupissement, la torpeur. De ce fait, il importe que le dôso, qui est appelé à affronter les bêtes sauvages, les manifestations et [les apparitions fantasmagoriques dont la brousse est bien souvent le théâtre, garde son être en entier, soit en possession de toutes ses facultés.

Un sacrifice de poulets sur l'autel des dôso clôt la cérémonie. S'il court aujourd'hui ce risque, c'est que le Malinké de la haute vallée, devenu musulman depuis peu de temps, admet de moins en moins que se déroulent au grand jour certaines manifestations relatives à l'ancien culte. Cela explique le transfert de la brousse au village du pôle du culte de Sanin et Kontron. Il explique davantage encore pourquoi le mot meleke — ange en arabe — a remplacé dya, double, dans dya sigi. Ces actes, kewale, seront mis le jour du jugement dernier, kïri dô ou dô-dô, dans le plateau de la balance, dya allusion au double de l'âme.

Voici un exemple parmi tant d'autres du syncrétisme forcené dont le Malinké musulman sait faire preuve. Quoique cette tendance domine la vie religieuse de la haute vallée du Niger, il est relativement aisé de faire la part des deux religions — l'Islam et l'Animisme — dont les concepts se côtoient sans toutefois se mêler.

Autrefois les jeunes chasseurs, dôso de, accomplissaient, après avoir acquis suffisamment de savoir et d'adresse, un périple qui les menait souvent très loin de leur village. Le chasseur ne manquait pas de répondre à ces appels de l'honneur, sûr qu'il était de l'immunité dont le couvraient ses ancêtres mythiques.

C'est ainsi qu'il cédait le produit de sa chasse pour un prix symbolique, si ce n'était gratuitement. Le périple durait généralement six mois, et exceptionnellement dix-huit mois ; après quoi le dôso retournait dans son village, chargé de connaissance, d'amitié et disposant d'un pécule assez important. Mais on le jugeait surtout d'après le nombre de trophées qu'il apportait à son tableau de chasse ; peaux de fauves, défenses d'éléphants ou d'hippopotames, cornes de bufles et d'antilopes, queues de toutes les bêtes abattues qui étaient réunies en un fagot d'autant plus lourd que le chasseur était adroit.

La portée des pérégrinations des chasseurs allait bien au-delà de leur société. Par-delà leur cause, c'est donc un capital inestimable de confiance que les dôso procuraient à leur clan. En effet, la réputation de quelques individus suffisait pour asseoir ou pour renforcer celle de tout un groupe. Et l'alliance, quelle que Africanistes.

Elle établissait la paix entre ses contractants, déterminait leur solidarité surtout en temps de guerre, réglait les systèmes de coopération et d'entraide entre les groupes. Organisation de la société des chasseurs. Aucune des considérations, notamment celles de l'âge, de la famaya, puissance, horôya, noblesse ; dyô ya, esclavage, et surtout la fasya, la primauté de la génération des pères sur celle des fils même si ces derniers sont plus âgés que les premiers, qui font la rigidité de la structure des sociétés malinké, ne sont ici retenues pour différencier les chasseurs entre eux.

C'est la preuve que la fraternité des chasseurs n'est pas un vain mot. La chefîerie de la société revient sans préalable aucun à l'aîné — dans le sens où les chasseurs entendent ce mot — ; le droit d'aînesse jouerait même en faveur des chasseurs étrangers qui sont d'emblée portés à la tête des associations villageoises, s'il est prouvé qu'ils ont commencé à chasser avant les autres chasseurs. Les épithètes baw — grands, vieux — et dew — enfants, jeunes — ne doivent pas faire oublier que c'est l'ancienneté et non l'âge qui fixe les préséances.

Il convient de noter que les titres ci-dessous que peut porter un chasseur ne représentent que de simples témoignages de son adresse, de ses prouesses, et ne sauraient en aucun cas lui valoir une quelconque promotion, celle-ci restant liée à l'ancienneté : sï bô1 : réservé aux grands chasseurs morts ou vivants, aux héros de guerre. Chacune de ces catégories de chasseurs a ses chants, ses louanges, fasa, qui célèbrent par ailleurs le mythe des animaux dont ils portent les noms.

La place du chasseur dans la société malinké. Le dô so est considéré non pas comme un être mauvais, mais comme un homme supérieur, craint et aussi suspect du fait de son appartenance à une organisation ésotérique, la sorte de franc-maçonnerie qu'est le dôso-tô.

Mais le chasseur dépasse en connaissances tous ces savants car il est à la fois grand initié, géomancien, voyant, thaumaturge, contre-sorcier, guérisseur, et sa double appartenance à l'univers de Sanin et Konton et au monde des hommes prouve à elle seule sa supériorité. Les hommes du savoir avaient coutume d'organiser deux fois l'an, à la fête des semailles, dugu sô, et à celle des prémices, dô ba, le grand jour, le dugu walâti, pratique divinatoire d'une portée exceptionnelle à l'issue de laquelle étaient ordonnés les sacrifices tant expiatoires que propitiatoires concernant la vie du terroir villageois.

Notre vie tient à la brousse et le chasseur est de la brousse. Ce n'est pas par hasard qu'on a attribué au chasseur le nom de dô so l. Si la pratique de la chasse évoque toujours l'idée de nyama, il ne faudrait pas pour autant considérer le chasseur comme étant nyama kala 2, homme de caste. Bien que la société des chasseurs, qui groupe des hommes de toutes conditions, rejette toute notion de stratification sociale, ses membres ne demeurent pas moins soumis — en dehors de l'association — aux règles qui régissent les rapports entre groupes sociaux.

Ce qui revient à dire que l'adhésion à la compagnie des chasseurs n'implique pas en fait un changement de statut social. D'ailleurs, l'état du dô so n'est pas héréditaire. Rôle social et économique des sociétés de chasseurs. Ce n'est qu'en prenant assez de recul dans le temps qu'on parvient à déterminer le rôle politique, social et économique des sociétés de chasseurs du Manding.

Point de mythes, de récits, de chants où il n'est question d'elles. Défenseurs des villages contre les ennemis du dehors : guerriers, brigands x, fauves, et les sorciers du dedans, les chasseurs constituaient l'élite de toute armée, et on se devait de compter avec eux pendant les conflits armés plus qu'à tout autre moment.

Un rôle non moins important des dôso est celui de fournisseurs de viande, rôle qui prenait toute sa signification sociale lors des grandes famines qui effectuaient de temps à autre des coupes sombres dans les populations malinké.

TÉLÉCHARGER KOBA BUILDING GRATUIT

Meleke - C'est l'homme qui fait l'homme

.

TÉLÉCHARGER CHEB NASRO SON TOI MP3 GRATUIT

.

TÉLÉCHARGER SUN VIRTUALBOX 01NET GRATUIT

.

TÉLÉCHARGER GA3 GA3 A ZOUBIDA GRATUIT

.

Similaire